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W H I T E H E A T

“about loss, when everything turns white hot”

“What began as an observation of the voids between white buildings gradually shifts into an investigation of whiteness as a concept. White no longer manifests merely as form or surface, but as action: to protect, to conceal, to erase. In this advancing abstraction emerges the notion of whiteness as a boundary—a point at which intensity tips into loss. White heat. Just as the melting of the polar ice caps makes the disappearance of ice palpable, so here the boundary of whiteness becomes tangible: a transition from presence to absence, from concentration to dissolution. Just as the Earth, under increasing heat, vaporizes what once seemed solid, whiteness becomes a metaphor for a tipping point where preservation turns into disappearance.”


This recent project will be on show @ IMAGINAIR, Art/space, Provooststraat 99 Rue du Prévot, Elsene Ixelles
From april 25 until may 31, 2026

Article about the exhibition @ ‘The Art Couch’ ( in dutch )

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Le livre Borderline de Paul D'Haese s'ouvre sur trois images où l'on voit des constructions enserrer un ciel laiteux. Dans la quatrième image, le blanc n'est plus celui du ciel, mais bien celui d'un mur immaculé. Avec la remarquable économie de moyens qu'on lui connaît, le photographe résumait ainsi au mieux l'ambiguïté de cette couleur qui passe trop souvent pour un manque de couleur. Dans White Heat, la présente série, la succession des images nous ramène surtout à la constante attention qu'il porte depuis de nombreuses années à la signification des formes de notre environnement.

Le blanc s'y décline de l'utilitaire au décoratif. Ceci à l'instar de la gamme des nuances que les fabricants de couleur proposent à leurs clients, du blanc « signalisation » légèrement froid, au blanc « crème » réconfortant en passant par le blanc « cassé » doux et chaleureux. Une variété des tons à laquelle répond en fait – et c'est tout le propos de ce nouveau travail –  une variété d'utilisations découlant d'attentes ou de contraintes.

On pense à ce blanc par défaut, considéré à tort comme neutre, dont l'industrie revêt nombre d'équipements. Celui d'une porte de garage par exemple, qui peut tout aussi bien trahir une indifférence pour l'esthétique qu'une volonté d'économie. Tout comme il peut tenir du quant à soi, de la discrétion ou de la bienséance supposée du rejet des couleurs « trop voyantes ». Bref, de ce conformisme despotique cramant toute originalité qui devrait nous rappeler qu'à Achgabat, la capitale du Turkménistan – décret présidentiel oblige – la couleur blanche est obligatoire pour toutes les voitures circulant en ville.

On pense aussi à ce blanc synonyme d'hygiène qui au XIXe siècle a rhabillé le personnel médical, que l'on a vu ensuite vêtir les laborantins en tout genre, puis progressivement les cuistots. C'est le blanc des faïences « si faciles à nettoyer » des murs des cuisines ou des bassins de natation.  Plus qu'une couleur, c'est une promesse, si ce n'est de pureté, à tout le moins de propreté. Une sorte de contrat tacite par lequel les professionnels s'engagent à ne pas contaminer les patients ou les clients. Un engagement dévoyé par l'industrie du savon dont une publicité vanta un jour « la lessive qui lave plus blanc que blanc ».

On pense enfin à ce blanc éclatant des façades chaulées du Sud, censé renvoyer les rayons brûlants à son expéditeur. Celui dont le Modernisme a fait un standard de la construction depuis un siècle, oubliant cette variété de couleurs si prisées dans nombre de régions européennes. Ce blanc qui, certes exalte l'épure de formes architecturales les plus variées comme en témoignent nombre des photographies de White Heat, mais qu'on utilise aussi désormais pour ravaler à la va-vite des constructions hétéroclites ou pour dissimuler rajouts et raccords de maçonnerie en tout genre. C'est ce blanc dont Paul D'Haese nous réjouit au plus haut point, lorsqu'il en fait la toile de fond des incongruités urbanistiques qu'il n'a pas son pareil à débusquer.

Interprétation de Jean-Marc Bodson


“SEASIDE RENDEZ-VOUS”

(working title, work in progress)

30.08.2025 @ Nieuwpoort.be, part of the ongoing project :

As the Queen song suggests, this photographic project might seem to evoke the light-heartedness and playfulness of a coastline as we have always known it: familiar, warm, and almost carefree. But that is not the case. In these images, that world is suddenly empty, as if humanity has vanished from one day to the next. The familiar atmosphere is disrupted, and what was once cheerful and lively now appears fragile, at times oppressive, and almost surreal.

The photographs were taken in contemporary reality, but by removing any human presence and framing the landscape in a way that renders the familiar strange, a dreamlike experience emerges. These are imagined places that raise questions about what remains when the world we know suddenly no longer feels so familiar.

The result invites reflection: a moment of stillness in which the boundary between reality and imagination begins to blur. Here, the familiar and the unreal meet, offering a new perspective on the coastline as we think we know it — or as it might one day change.

Have we treated our environment too lightly?